La Francisca

Mar 16 Nov 2021 20:00

BOZAR Le Studio Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles 

Synopsis 

Francisca rêve de quitter le petit bourg de Tocopilla, juché entre l’Océan Pacifique et le désert d’Atacama.
Elle rêve aussi d’aider son petit frère, Diego, dont les comportements autistiques inquiètent. Lorsque Fernando, le nouveau professeur de Diego, propose d’organiser des cours particuliers, elle accepte de gaieté de coeur, sans soupçonner qu’elle actionne par là un mécanisme aux conséquences irréversibles.

Biographie du réalisateur

Rodrigo Litorriaga est né à Santiago du Chili en 1973, et grandit en France, en Belgique et au Chili, en français et en espagnol. Après des études en économie (Louvain), en sciences politiques (Barcelone) et littéraires (Paris), il intègre un atelier de cinéma et parvient à produire ses premiers courts métrages, dont certains sont sélectionnés dans de nombreux festivals internationaux, à Locarno notamment, « C’est l’histoire d’un belge », à Valladolid, « Noctis BXL », ainsi qu’à Grenoble, « J’y étais, le p’tit muret » . « La Francisca, une jeunesse chilienne » est son premier long métrage.

Fiche technique

Titre original : La Francisca, une jeunesse chilienne

Année : 2020

Durée : 80 min.

Langue : V.O. Esp, ST Fr

Pays Chili

Genre : Drame

Réalisation : Rodrigo Litorriaga

Prix:

2020 : Festival international du film de Rotterdam : Sélection officielle

2020 : Festival du Film de Gijón : Sélection officielle en compétition (Section « Terres en transe »)

2020 : Havana Film Festival : Sélection officielle des longs métrages en compétition

Section : Opéra Prima

Rencontre avec Rodrigo Litorriaga, réalisateur de La Francisca

Rodrigo Litorriaga, a grandi hors du Chili, a renoué avec son pays en 1990, lorsqu’il s’est installé à Iquique.

 

« Dans le nord du Chili, dans le désert d’Atacama, j’ai toujours été frappé par la dureté du paysage et son extrême beauté, la précarité de certains habitations humaines et l’élan résilient de la population », explique le réalisateur. « L’idée du film est d’abord née du contexte : avoir le désert d’Atacama et l’océan Pacifique comme décors principaux d’une intrigue à construire. L’intrigue est née des premières révoltes étudiantes de 2011, et de l’observation de l’impressionnant précipice qui séparait à l’époque les dynamiques des “rebelle”, revendicative et contestataire de la jeunesse avec un environnement institutionnel isolé, incapable d’assister, et encore moins de comprendre et d’intégrer dans sa trame la nécessité d’inclure la jeunesse dans la construction de perspectives encourageantes. C’est là que naît le personnage de Francisca, une jeune femme ordinaire, pour ainsi dire, guidée par sa perspective juvénile de vivre sa vie. Et freiné dans cette possibilité par un environnement hostile, pour ne pas dire décadent. Enfin, j’ai ressenti le besoin d’installer ce “portrait” géographique et générationnel dans une intrigue spécifique typique d’un certain cinéma indépendant, qui présente habituellement la nécessité pour les jeunes de passer de la périphérie au centre comme un parcours très naturel ».

 

A partir de ces observations de notre société, le cinéaste a construit ses personnages.

« Francisca est une représentante chilienne d’une certaine jeunesse, d’une certaine génération de jeunes inscrits dans un certain contexte social de marginalité économique, sociale et géographique que de nombreux Chiliens partagent aujourd’hui. Son empressement n’est pas politique, ni ne répond à une idéologie spécifique, mais prétend seulement être juste avec ce qu’elle est et avec ce qui mobilise ses sentiments : ses amitiés fondamentalement, et au sein de sa famille, qui apparaît ici comme assez dysfonctionnelle, son jeune frère, un enfant classé autiste auquel personne ne prête attention, et que Francisca prétend aider, dans des circonstances où cette responsabilité devrait être assumée par le monde des adultes. C’est un enfant “étiqueté” comme autiste, et enfermé au fond de lui dans un mutisme profond. Diego “représente” d’une certaine manière les générations futures, les générations condamnées par la passivité excessive de l’environnement social, familial et institutionnel dans lequel il vit ».

 

Cinéma néo-réaliste chilien 2.0

 

Litorriaga dit que le tournage a été compliquée. Un accident de caméra a mis en danger le tournage, mais “l’équipe est restée mobilisée”. Un facteur positif est l’atmosphère unique qui se dégage du travail avec des équipes multinationales : un directeur de la photographie français, un opérateur de son belge, sont des situations qui nourrissent positivement l’expérience de travail des équipes.

En plus de son lien étroit avec l’observation de l’environnement, “La Francisca” a des références cinématographiques claires.

 

« Je suis passé par de multiples cosmogonies lorsque j’ai réalisé le film : des éléments d’un certain cinéma contemplatif asiatique (les films de Hou Hsiao-hsien, par exemple), mélangés à certaines films du cinéma indépendant américain, notamment “Easy Rider” de Dennis Hopper et le nouveau cinéma mexicain, brut, rugueux, avec une nouvelle esthétique très représentative du continent latino-américain auquel appartient le Chili », confie le réalisateur. « Toutefois, à la fin, j’ai le sentiment que l’exercice présente également de nombreuses correspondances avec un cinéma néoréaliste chilien des années 60 et 70 (“Largo Viaje“, de Patricio Kaulen) et un certain élan libertaire également typique de ces années-là (“Palomita Blanca“, de Raúl Ruiz). Ce cinéma s’est nourri du contexte social dans lequel il a été réalisé, il a traité la grossièreté quotidienne avec une certaine poésie. Je pourrais donc définir le film comme un cinéma chilien néo-réaliste 2.0 ».

 

Litorriaga ajoute : « Il y a un discours sur la façon dont les jeunes sont piégés dans un contexte social hermétique (la ville de Tocopilla), un contexte familial d’abandon (les adultes ne construisent plus l’avenir de leurs jeunes), un contexte institutionnel décadent et pervers (dans ce cas l’école) et dans lequel ils n’ont pas d’autre alternative que de s’unir dans leur propre condition ».

 

https://www.instagram.com/lafranciscafilm/

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