mot du président d’honneur

En me renversant vous n’avez abattu que le tronc de l’arbre de la liberté,

mais il repoussera par ces racines car elles sont profondes et nombreuses.

Toussaint Louverture avant d’embarquer dans 
le navire qui le transportât en France où il fut 
interné au fort de Joux, au Massif du Jura (1802)

 

Nous voici avec la 9ème édition de Peliculatina après une année de silence pour cause de pandémie. Cet année-ci le Festival aborde le thème général des émancipations. Notre continent subit, avec singulier intensité, une crise de valeurs dont l’exercice du pouvoir laisse à désirer.

L’espace des libertés en constante évolution suivant les révolutions au fil des siècles, n’a pas connu pour autant un mouvement progressif qui nous indiquerait un progrès constant pour nos civilisations. De surcroît, l’on pourrait considérer la notion de libération comme une sorte d’euphémisme qui voudrait que la liberté, catégorie supérieure de l’esprit, serait une sorte d’attribut naturel des hommes. 

Qu’à cela ne tienne, s’il est des facultés humaines qu’il faudrait constamment surveiller, c’est bien notre précieuse liberté, condition que de nos jours, pas mal de peuples ne sont toujours pas en mesure de conquérir, et pour cause, moins encore de pouvoir l’apprécier. 

N’a-t-on vu des paladins de la liberté, se transformer, une fois celle-ci conquise, en odieux oppresseurs de leur propres peuples ? Il suffit de penser à la première république installée en notre continent en Haiti en 1901 et de voir de nos jours, l’état permanent de catastrophe humanitaire dudit pays pour se rendre compte que les principes originaires, en ce cas-ci la liberté des esclaves Afro Américains, s’est dilué par la pression coloniale et en suite, entre les mains des dictatures dont celle de Papá Doc en fut l’évidence même du recul des principes, et de cet énorme acquis social qui fut l’abolition de l’esclavage…

Les abus et l’injustice, collectifs ou individuelles, se reproduisent jour après jour, sans qu’il y ait une volonté forte et généralisée de les supprimer. Que du contraire, la violence et l’usurpation des droits sont souvent stimulés par la négligence du pouvoir politique soumis aux groupes d’intérêt ou des grands pools transnationaux. 

Nous connaissons tous, dans le fond et la forme, ce qui est en train de se passer aux Amériques… et nous ne pouvons plus circonscrire le piétinement de la démocratie à la partie sud du continent. Au grand nord, tout comme au Brésil et même dernièrement au Pérou, le syndrome de négationnisme politicard des résultats électoraux devient un moyen vicieux pour se perpétuer au pouvoir. 

En Europe souffle aussi un esprit de fronde face aux mesures sanitaires, mal coordonnées, prises pour contenir la pandémie. Les pourfendeurs de la science agitent le drapeau populiste de la fausse liberté individuelle… exposant à la contamination, les secteurs vulnérables et à risque de la société.  

La liberté absolue des individus sur le plan social, peut devenir aussi, une forme d’absolutisme contre l’intérêt commun, et dans le domaine intrafamilial, un facteur d’esclavage ou de servitude pour un secteur probablement majoritaire de femmes de par le monde. Alors que le racisme inter-religions appelle le Pape François à intervenir en Hongrie…

Les dictatures et le retour en démocratie nous ont laissé une amère leçon de ce que la cupidité et la corruption peuvent faire de ceux qui, ayant été des victimes de la dictature, ont assumé la relève du pouvoir. La liste est longue mais ce qui compte, c’est le leitmotiv de ce Festival, c’est le pouvoir de mémoire que les diverses formes de la création peuvent cultiver. 

Depuis Guérnica de la main de Pablo Picasso jusqu’au film «Le Baiser de la Femme Araignée » sur le roman de Manuel Puig, en passant par les modestes « arpilleras » des tricoteuses chiliennes, les diverses formes d’art constituent des puissants moyens d’expression et de défense libertaire.

PELICULATINA tente de brosser, comme le dépliant le dit, une sorte de tableau actuel, contribuant par l’image et le cinéma, à susciter la réflexion sur l’état de nos sociétés, et qui sait, à stimuler le réveil positif du grand public.    

Le Président 

Raul Peñaloza

 

L’ORGANISATEUR

 

Depuis maintenant quatre décennies, la Maison de l’Amérique Latine (MAL) est un espace d’expression d’idées et de cultures, un lieu d’information, d’éducation, d’accueil, de solidarité et d’échanges entre les deux continents : européen et latinoaméricain. 

Son objectif principal est la promotion de la culture latino-américaine dans une perspective de respect des droits humains en Europe, notamment en Belgique, ainsi que d’accueil et de développement durable des membres de cette communauté.

 

Notamment dotée d’une galerie d’exposition, d’une bibliothèque, d’un service d’accueil et d’information, et d’un Bulletin de Liaison « CASA », La Maison de l’Amérique latine propose aussi des services tels que le programme retour-emploi-sud, un service d’orientation juridique pour demandeurs d’asile, le centre d’écoute et d’aide S.O.S. Genre, des cours de langues, des ateliers pour enfants, des cours de danses, une chorale, un atelier théâtre et un dynamique ciné-club.